Partager l'article ! L’Algérie et le passeport biométrique !: En Algérie, les autorités se posent moins de question que nos politiques exagonau ...
En Algérie, les autorités se posent moins de question que nos politiques exagonaux pour ce qui est du port du voile et même de la barbe pour les hommes ! Et pourtant l'Alagérie est un pays du maghreb, un pays arabe !
Le gouvernement vient de décider que désormais les algériens qui souhaiteront voyager à l'étranger, devront être en pocession du nouveau passeport biométrique, telle que l'imposent au monde les USA. Pour les photos calibrer les femmes seront obligées de se dévoiler et il sera fortement conseillé aux hommes de se raser la barbe !
En Algérie, l'introduction de ce passeport biométrique suscite un tollé. Le gouvernement a (légèrement) reculé sur une procédure particulièrement lourde à remplir et qui donne lieu à une enquête très précise. Mais le débat fait rage.
Lu sur Rue 89, sous la signature de David Servenay.
Depuis quelques jours, le sujet enflamme la presse algérienne. Jeudi, au cours d'une conférence de presse, le ministre de l'Intérieur, monsieur Yazid Zerhouni, a fait quelques concessions, sans céder sur le fond, aux islamistes qui critiquent sévèrement la nouvelle procédure de délivrance des passeports biométriques en vigueur depuis le 4 avril :
Pour les hommes, monsieur Yazid Zerhouni a confirmé que les barbus auront à se raser pour le cliché s'ils veulent éviter tout désagrément au contrôle aéroportuaire. Evidemment, en Algérie, certains jugent ces contraintes insupportables. Beaucoup s'interrogent par exemple sur le sort réservé aux pèlerins qui se rendent à la Mecque : seront-ils obligés de se dévoiler et de se raser avant de prendre l'avion ?
Mais la polémique ne s'arrête pas aux clichés numériques. Pour obtenir le sésame, tout citoyen algérien doit remplir un formulaire de douze pages très exhaustif.
Moitié arabe, moitié français, le questionnaire se divise en plusieurs sections, qui réclament notamment :
Explication du ministre de l'Intérieur :
« Les demandeurs de ce document sont appelés à authentifier les renseignements fournis en présence d'un proche, ami ou collègue algériens n'ayant pas d'antécédents judiciaires pour faciliter et alléger les procédures de sa délivrance. »
Toute erreur ou fausse déclaration tombe sous le coup de la loi et peut faire l'objet de sanction, comme le rappel cet avertissement au bas de chaque page :
« Toute fausse déclaration de ma part m'expose aux sanctions prévues par les articles 222 et 223 du code pénal. »
En cliquant sur le lien ci -dessous, vous pouvez consulter ce document .
link htp://asset.rue89.com/
Pour ceux qui s'interrogent sur la finalité de l'entreprise, les dernières rubriques du formulaire laissent peu de place au doute. L'objectif, dont le gouvernement ne fait pas mystère, est bien de lutter contre le « terrorisme et la criminalité » en développant une base de données complète de renseignements.
Exemple : les hommes ayant effectué leur service national ont à indiquer comme « référence », les noms, adresses et téléphones de plusieurs « camarades du même contingent », avec si possible leur e-mail. Idem pour les « collègues de travail » qu'il convient d'énumérer un à un, avec leur identité, leurs coordonnées et là aussi, leur e-mail.
La Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) relaie l'inquiétude des Algériens face à ce qu'elle nomme une « procédure de fichage ».
Ultime paradoxe : le régime de Bouteflika ne cesse de se plaindre de figurer sur la « liste noire » des Etats dont les ressortissants sont à surveiller de près, liste établie par les Etats-Unis. Mais il impose à ses concitoyens des normes bien plus draconiennes. L'OACI a fixé 2015 comme date butoir pour la mise en place du passeport biométrique.
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