Vendredi 16 octobre 2009
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Gilles Bourdouleix, député-maire de Cholet, vice-président du Centre National des Indépendants, s'est dernièrement exprimé dans "Minute" à propos de l'intégration
et de l'islam. Sans rien renier des ses propos, il s'en explique dans nos colonnes.
Votre interview dans "Minute" n'a pas échappée à notre rédaction (voir Edito de samedi dernier et l'article en page 2). Quel intérêt ce média présent-il pour vous ?
"L'intérêt d'un média, quel qu'il soit, est d'être un relais. Si le journal "L'Humanité" souhaite m'interviewer, je répondrai volontiers. Un entretien dans un média n'est pas une adhésion aux
orientations supposées de celui-ci."
Quel message entendiez-vous faire passer ?
"Le message transmis est clair : c'est une réaction aux propose d'un ministre "d'ouverture", Éric Besson, qui s'est illustré à nouveau en piétinant la représentation nationale. En indiquant qu'il
ne prendrait pas les décrets d'application d'une loi, il rend caduc un texte voté par le Parlement.
Je suis hostile au vote des étrangers hors Union Européenne. Le droit de vote est un élément constitutif de la citoyenneté, qui peut parfaitement s'acquérir. Lier le droit de vote aux élections
locales au paiement d'un impôt est une triple erreur : c'est rétablir une forme de suffrage censitaire qui constituerait un recul démocratique ; c'est oublier que les étrangers paient aussi des
impôts nationaux ce qui devrait leur permettre de voter aux élections nationales ; c'est, en poussant la logique, retirer le droit de vote aux citoyens français non imposables..."
Lancer à l'intention des "adeptes de l'islam", gênés par les codes de notre République, qu'ils peuvent "retourner dans leur pays ou ailleurs" n'est-ce pas faire un amalgame entre musulmans et
étrangers ? La majorité des musulmans en France sont de nationalités ... française !
"Permettez-moi d'observer que vous faites vous-même un amalgame entre musulmans. C'est une minorité agissante qui prône un islam radical qui travestit largement le Coran ou qui parfois entend
appliquer un texte de 622 qui doit, comme la Bible pour les chrétiens, être lu avec les yeux du XXIème siècle. Prenons la burqa. C'est la tenue traditionnelle des femmes des tribus pachtounes en
Afghanistan et au Pakistan, portée des siècles avant Mahomet. La femme est totalement couverte, les yeux derrière un grillage. Je vous mets au défi de trouver la moindre allusion à la burqa dans
le Coran. La France est une Nation qui repose sur des valeurs de civilisation qui doivent être défendues et qui s'inspirent en partie des références chrétiennes au delà des convictions de chacun.
La France est une République laïque. Cela permet la liberté de conscience et de religion. A condition que la religion respecte elle-même les principes républicains et le socle sur lequel reposent
les valeurs nationales, en particulier l'égalité entre les hommes et les femmes."
Mais comment et jusqu'où défendre ce fond commun national ?
"Je maintiens que ceux qui veulent vivre selon des préceptes ou des coutumes contraires aux règles de la France peuvent le faire là où d'autres règles le leur permettront, y compris s'ils sont
Français. S'ils font passer leur volonté personnelle de vie avant les règles de vie commune de la Nation, ils peuvent changer de Nation, comme d'autres choisissent la France en venant d'ailleurs,
parce qu'ils souhaitent s'intégrer à nos valeurs nationales. N'oublions pas cependant qu'il s'agit d'une extrême minorité des musulmans, qu'ils soient Français ou non."
En quoi le CNI, dont vous êtes en passe de devenir le président, se démarque-t-il du Front National, mais aussi de l'UMP, dans ses options sur l'immigration, l'identité nationale ?
"Il a pu arriver que le Front National pose de vrais problèmes sans pour autant apporter des réponses qui correspondent à l'esprit républicain qui anime le CNI. Vis-à-vis de l'immigration, le CNI
défend une vision régulée. On ne peut pas à tout moment ouvrir grandes les portes. en outre, l'immigration doit rimer avec intégration. La Nation s'enrichit de la diversité. Mais elle ne peut
brader ses racines. Quant à l'UMP, c'est devenu une auberge espagnole ratissant tous azimuts. La ligne politique est totalement floue parce que l'UMP est un parti supporter au service d'un homme.
La CNI, lui, est une formation de militants au service d'un idéal."
Propos recueillis par Patrice GUILLIER
Courrier de l'Ouest - samedi 19 septembre 2009
Par politique
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