Bruno North, 45 ans, chef d’entreprise, secrétaire général du CNI, est la tête de file
parisi enne de la liste menée
aux régionales par Nicolas Dupont-Aignan. Marié et père de trois enfants, il se pose en alternative de droite aux élans « bobos » de l’UMP dans la
capitale.
Pourquoi le CNI s’oppose-t-il à l’UMP à l’occasion de ces régionales ?
Tout d’abord parce que l’on n’a pas voulu de nous ! L’UMP a préféré faire de la place à des
groupuscules de gauche comme les progressistes d’Éric Besson ou la Gauche moderne que s’allier avec une formation de droite comme la nôtre. Nous sommes pourtant le seul parti de la droite
et du centre-droit à avoir des élus parisiens à côté de l’UMP et du Nouveau Centre. Le MPF, qui n’a aucun élu à Paris, a obtenu sans problème une place sur la liste… au prix d’un
ralliement sans conditions. Pour notre part, nous n’avons jamais été rappelés. Il faut croire que notre liberté de parole dérange…
Pendant ce temps, MM. Charasse et Migaud sont présentés comme de nouvelles prises de guerre par l’entourage de Nicolas Sarkozy. Les électeurs ne sont pas dupes et les sondages
catastrophiques pour l’UMP en Ile-de-France en sont la conséquence directe. Au-delà de cette divergence tactique, qui leur a fait préférer l’ouverture à gauche à l’union de la droite,
nous avons des divergences profondes sur le programme.
Que reprochez-vous au programme de l’UMP en Ile-de-France ?
Nous reprochons à l’UMP de défendre un programme de centre gauche ! Une fois investie, Mme Jouanno, tête de liste UMP sur Paris s’est empressée de se déclarer favorable à l’adoption
d’enfants par les couples homosexuels, comme si c’était du domaine de la région ! Le CNI est opposé à cette mesure totalement contraire à notre conception de la famille. De la même façon,
notre conseiller de Paris s’est récemment opposé à un vœu des Verts en faveur de la célébration des PACS en mairie, qui a été voté par une partie du groupe UMP. Sur le plan fiscal,
Chantal Jouanno semble favorable à un péage frappant les automobilistes entrant ou sortant de la capitale. Bien souvent, pénaliser les automobilistes parisiens signifie pénaliser les
familles. Au contraire, nous sommes favorables à la gratuité des parkings situés autour des gares de banlieue pour les détenteurs d’un Pass Navigo. C’est intolérable que des ministres
d’un gouvernement fassent preuve d’une telle légèreté sur ce sujet. Il faut en terminer avec le matraquage fiscal et les affichages médiatiques !
L’alliance entre Debout La République et le CNI a surpris un certain nombre de commentateurs
politiques. Comment la justifiez-vous ?
Cet accord électoral se justifie pleinement puisqu’il se fait autour des valeurs de liberté et
d’indépendance. Cet accord était nécessaire. Il est un préalable à un possible sursaut national. La droite au pouvoir est en train de creuser sa propre tombe. S’il continue à lorgner sur
la gauche, Nicolas Sarkozy n’aura en 2012 guère de réserves de voix à droite pour le second tour. Déjà, sous Giscard, le CNI critiquait les yeux doux faits à la social-démocratie au nom
d’un prétendu « principe de réalité », qui a conduit tout droit à la victoire de François Mitterrand en 1981. Nous avons quelques divergences avec DLR sur l’Europe, mais nous
nous retrouvons sur l’essentiel dans ce domaine : refuser l’alignement inconditionnel de notre continent sur les intérêts des États-Unis voulu par Nicolas Sarkozy. Avant tout, il
m’apparaît nécessaire de faire souffler à droite un vent de liberté. En nous accordant avec DLR, nous entendons incarner la droite de conviction dans sa pluralité et diffuser un message
simple : libéraux, gaullistes et indépendants peuvent s’entendre et proposer une alternative crédible à l’UMP. Voilà pourquoi avec mon ami Philippe Brillault, maire du Chesnay et tête de
liste dans les Yvelines, nous nous sommes jetés dans la bataille suite à l’accord passé entre notre président Gilles Bourdouleix et Nicolas Dupont-Aignan.
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