Partager l'article ! A droite, la "rigueur" fait revenir le bouclier fiscal dans le débat: J’ai trouvé très intéressant cet article paru dans ...
J’ai trouvé très intéressant cet article paru dans « le Monde « daté de ce jour sous la signature d’Eric Nunès (avec AFP, AP et Reuters. Il montre où en est l’unité de la majorité présidentielle sur les mesures à prendre depuis la décision de geler les dépenses de l’état devant assurer une économie de 5 milliards d’euros en deux !
Les ténors de la majorité se sont surtout lancés dans une bagarre sémantique autour du mot « rigueur » et ensuite sur le bouclier fiscal. Suite à l’annonce faite par le premier ministre ses prédécesseurs y sont allés de leur couplet suivi par l’inénarrable porte parole Frédéric Lefebvre, accompagnés d’un casting impressionnant allant de : de Villepin, Juppé, Copé, Arthuis, Morin, Nathalie Kosciusko Morizet et j’en passe. Pour que tout ce petit monde se calme il aura fallu une intervention d’Eric Woerth.
**************************************************
Taisez ce mot rigueur que je ne saurais entendre !" Cette semaine, Tartuffe a été revisité par le premier ministre, François Fillon. Depuis l'annonce du gel des dépenses de l'Etat et l'objectif d'adopter d'ici à la fin de l'année un programme de 5 milliards d'euros d'économies sur deux ans, le mot rigueur est devenu tabou dans les coulisses du gouvernement. Néanmoins, au sein de la majorité présidentielle et dans sa périphérie, ils sont plusieurs maladroits à ne pas avoir respecté la novlangue d'usage pour qualifier le plan gouvernemental.
Sur le même sujet
Dominique de Villepin, ancien premier ministre, c'est sciemment fourvoyé en soulignant que "la rigueur aujourd'hui est nécessaire. C'est une exigence qui s'impose dans une situation difficile." Un autre ancien premier ministre, Alain Juppé, a également appelé son parti à cesser les "circonlocutions autour du mot 'rigueur'". "L'absolue nécessité est de faire en sorte que la rigueur s'accompagne d'une forte exigence de justice", tranche le maire de Bordeaux. Jean-François Copé, patron de l'UMP à l'Assemblée nationale, qui rate rarement une occasion de marquer sa différence, a enfoncé le clou : "Moi, le mot que j'utilise, c'est le mot rigueur."
Ces libertés verbales, à droite, ont été corrigées par la police sémantique du parti présidentiel : Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a précisé qu'il "n'emploierai absolument pas le mot rigueur parce qu'en l'occurrence le choix fait par le gouvernement (...) c'est le choix de la réduction de la dépense publique mais en aucun cas l'augmentation des impôts". Il n'y a pas de "tournant de la rigueur", a voulu rassurer Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP. "Tout ce débat a assez peu d'intérêt", a conclu lundi 11 mai François Fillon, lâchant une polémique pour une autre : la majorité se divise aujourd'hui sur l'un des points phares du quinquennat : le bouclier fiscal.
C'est Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, qui a transporté le débat interne à la droite sur "rigueur ou pas rigueur" en rouvrant celui de l'avenir du "bouclier fiscal". Lundi soir sur France 2, le député parisien a plaidé, à titre "personnel", pour une remise en cause partielle du bouclier fiscal, afin de faire contribuer "les hauts revenus" à la réforme des retraites. "Sur le plan politique, je pense que cette affaire rapporte peu. Je souhaiterais que les gens qui sont émigrés fiscaux en Belgique ou ailleurs soient revenus. Ils ne sont pas revenus. Donc je pense qu'il faut peut-être arrêter cette expérience. Voilà ce que je pense", a-t-il déclaré. Avant de revenir sur ses propos le lendemain, affirmant avoir été mal compris.
La boîte de Pandore est ouverte : mardi, le président centriste de la commission des finances du Sénat, Jean Arthuis, réclame de nouveau "une réforme fiscale", prônant la suppression du bouclier fiscal et de l'impôt sur la fortune (ISF). Mercredi, c'est au tour de Hervé Morin, ministre de la défense et patron du Nouveau Centre, de se déclarer, dans Les Echos, favorable à la suppression d'un des symboles de la politique du gouvernement : "Les plus modestes ne comprennent pas le bouclier fiscal ; les plus riches ne comprennent pas l'ISF", réaffirme-t-il. "Je crois qu'il faudra un jour supprimer l'un et l'autre et instaurer une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu pour compenser la suppression de l'ISF".
"C'EST UNE QUESTION DE PRINCIPE"
Pierre Lellouche n'est pas le seul membre du gouvernement à avoir publiquement partagé ses doutes sur le bien fondé du bouclier fiscal à l'heure où l'on demande aux Français de se serrer la ceinture. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire générale adjointe de l'UMP, a mollement pris la défense du bouclier fiscal en estimant qu'il faut plus de temps pour évaluer ses résultats. "Il y a des dispositifs qui font une grande part à la confiance et à l'anticipation. Le bouclier fiscal est de ceux-là. Donc prétendre faire un bilan du bouclier fiscal maintenant, c'est hasardeux", a-t-elle estimé.
C'est finalement Eric Woerth qui a sonné, mercredi, la fin de la récréation gouvernementale. "C'est un élément très important de la compétitivité française", a défendu l'ancien ministre du budget et actuel ministre du travail. "On ne touchera pas au bouclier fiscal pour régler quoi que ce soit". Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, a répété : "Le bouclier fiscal sera maintenu parce que c'est une question de principe, de philosophie budgétaire."
La majorité présidentielle n'oppose, par ailleurs, aucune "question de principe" aux annonces, faites lundi, par le président Nicolas Sarkozy, concernant la suppression de l'exonération des charges pour les embauches dans les entreprises de moins de dix salariés, de l'exonération de deux tiers de l'impôt sur le revenu pour plusieurs millions de ménages modestes ainsi que d'une prime exceptionnelle pour les chômeurs. Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez ont expliqué que ces mesures n'avaient pas vocation à devenir permanentes et qu'il fallait désormais favoriser la réduction des déficits. Mais ils n'ont, à aucun moment, employé le mot "rigueur".
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||